dimanche 17 février 2008

Les "belles-mères", un beau conte

La tradition de mémérage à l'égard du chef n'est pas nouvelle au PQ. René Lévesque vous en passerait un papier... ainsi que Pierre-Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair et maintenant Pauline Marois. Mais d'où provient cette charmante tradition que les péquistes ont de taper sur la tête de leurs chefs à grands coups de barres de fer? On sait tous que le parti libéral possède une équipe relativement stable: fédéraliste, normalement centre-droit avec quelques éléments plus progressistes comme Pierre Paradis et Thomas Mulcair. (Que le dieu néo-démocrate ait son âme) La contestation au PLQ est donc assez rare. Quant à l'ADQ, la question ne se pose même pas. Hormis le débat sur l'immigration, qui irait contester l'autorité suprême du Duce Dumont. ( Note aux adéquistes, c'est une blague) La base de l'ADQ est un peu plus variée: Du centre jusqu'à la droite avec des souverainistes, des autonomistes et des fédéralistes. (Qui lèvent la main à l'Assemblée Nationale pour le confirmer) Mais le PQ? Pourquoi est-ce LE parti dans lequel la contestation mène le jeu?

Le PQ est une formation très hétérogène avec ses éléments gauchistes et droitistes à souhait. Déjà ça, c'est un signe que ça doit contester les vendredis soirs. Mais en plus, le parti se déchire entre souverainistes selon la manière d'accomplir l'indépendance! Les radicaux à la Saint-André jusqu'aux souverainistes mous à la Daniel Turp. Alors les belles-mères là-dedans, ça ne doit pas que se conter des potins durant leurs temps libres...

René Lévesque fut le premier à subir les commérages de son propres parti. Son leadership était contesté par ses matamores de députés qui siégaient à l'Assemblée pendant qu'il peinait à faire régner l'ordre dans l'éxécutif de son parti où les divers clans s'opposaient. Les Charron et Burns se voyant déjà chefs de parti contestaient l'autorité de Lévesque en affirmant que ce n'était pas le Parti Québécois le problème, mais bien le chef. Les belles-mères sont nées! Quelle claque dans la face quand Lévesque et le PQ ont remporté les élections de 76, sauvant ainsi la tête du chef! La contestation est étouffée... du moins pour le moment. L'étapisme (ou l'étapette, c'est comme vous voulez) ne fait pas l'unanimité et les éléments radicaux avec Bourgault et les rinistes "born again" claquent la porte. Ils continuent à dénoncer la démarche du chef, les belles-mères frappent encore! Après, on a droit au concert de la seconde vague radicale avec l'épisode du beau risque. Parizeau, Laurin, Paquette et compagnie quittent le parti, mais ils vont continuer à critiquer le chef! Lévesque est écoeuré, il vient de fonder un parti dont la principale menace n'est pas ses adversaires, mais bien ses membres.

Pierre-Marc Johnson arrive, les belles-mères dirigées par Parizeau s'agitent en dénonçant son souverainisme mou! Il ne durera pas longtemps avec un parti si divisé et c'est la belle-mère en chef, Jacques Parizeau, le radical qui occupe la place.

Parizeau le radical va maintenant subir les critiques des belles-mères modérées! Son processus de référendum à tout prix ne plaît pas à tout le monde et son vice-premier-ministre, un certain Bernard Landry va comparer sa démarche à la célèbre "charge de la brigade légère". Lucien Bouchard va ouvertement contester l'autorité morale du chef du PQ qui démissionera après l'épisode de l'argent et du vote ethnique dénoncé par la belle-mère Landry. Il n'a qu'à s'en prendre à lui-même pour avoir dit la vérité dans un dossier où ça ne pardonne pas, mais les belles-mères ont dû le secouer comme les autres.

Lucien Bouchard va un peu limiter le problème des belles-mères qui ne chercheront pas à contester le leadership solide et le charisme du chef. Par contre, les conditions gagnantes critiquées par les belles-mères en plus de l'épisode Michaud aura la peau de Lucien Bouchard qui partira, dégoûté.

Landry perdra ses élections de 2003 à cause d'une belle-mère qu'il avait lui-même "belle-mêré" à l'époque. Jacques Parizeau réaffirme que le vote ethnique a bel et bien tué le référendum de 95. Une déclaration que Charest ne manquera pas de sortir de son chapeau durant le débat. Le pauvre Landy était visiblement bouche-bée que Parizeau lui nuise à ce point, mais après tout, il l'avait bien mérité entre nous.

Boisclair, le chef contesté de toutes parts. Par l'aile droite, l'aile gauche, les radicaux et les mous! Critiqué par Landry, par les ex-ministres comme Lazure et par la plaie que représente le SPQ-libre, rien de bien encourageant comme mandat de chef. On ne compte plus le nombre de critiques à son sujet. Jugé trop à droite par l'aile gauche, trop radical par l'aile molle et trop mou par l'aile radicale. Comment s'en sortir devant des belles-mères aussi unies dans la contestation? On ne s'en sort pas...

Et Pauline Marois vient d'être couronnée chef et les belles-mères frappe déjà... et dur! Des poids lourds, Landry, Facal et Lisée, dirigent un message d'anti-réformisme scolaire contre l'instigatrice du projet: madame Marois elle-même. N'étant pas particulièrement pro-réforme, je dois dire que je penche plutôt du côté des belles-mères, mais franchement! Aller faire une sortie publique comme ils l'ont fait, c'est carrément irresponsable et nuisible. Ils cherchaient quoi comme résultat? La désunion? Et bien, ils l'ont! Marois croit avoir éteint la contestation dans l'oeuf, elle se trompe. Ce n'est pas son petit message de guerre contre les belles-mères que tout va s'arranger.

Les coups de couteau pleuvent au PQ, tous les chefs vous le diront. Le moindre commentaire malheureux vous vaudra un enterrement de première. Cette vague d'enterrement des chefs au PQ, n'est pas prête de cesser...

Les belles-mères grouillent dans leurs salons démodés en sirrotant une tasse de thé en attendant le prochain potin...

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