samedi 23 février 2008

Après les larmes, la colère!

Shame on you! Des mots durs, très durs, fraîchement sortis de la bouche d'Hillary Clinton. C'est dans un discours particulièrement hostile qu'Hillary Clinton s'est permis quelques écarts d'humeur et de language!

Tout en développant son discours, elle brandissait ce qui, à prime abord, ressemblait à une revue, mais à bien y regarder, c'est un tract de la campagne Obama accusant Hillary Clinton de vouloir forcer les gens à acheter une assurance-santé même s'ils n'en ont pas les moyens. Une attaque peu efficace à peine méchante subventionnée sûrement par un gars de bureau du camp Obama en Ohio. Pourtant, cet innocent tract a fait sortir la sénatrice de New York de ses gonds.

- SHAME ON YOU, OBAMA! a-t-elle rugi.

Avant de réfuter ce qui était écrit sur les tracts, Hillary Clinton a vertement dénoncé Obama pour ses écarts de conduite (allez savoir) et ses tactiques déloyales et fausses. Par la suite, elle a comparé ses agissements à ceux de Karl Rove, un ancien conseiller de George Bush et une des pires canailles stratèges politiques de tous les États-Unis. Pour vous donner une idée, le gars s'est fait passer pour un supporter démocrate, a volé du papier avec logo démocrate avant de les distribuer aux gens après avoir écrit dessus: Programme démocrate, de la bière gratuite et des filles!

Ouille...

Des attaques particulièrement répugnantes de la part de Clinton qui commence à perdre patience après avoir encaissée sa onzième défaite de suite. Elle vient de fournir des armes à Obama qui en possède déjà beaucoup. N'ayant pas particulièrement brillé lors du dernier débat, Clinton en a même été jusqu'à plagier son propre mari lors de sa déclaration de fermeture. Rien pour s'aider, encore une fois. Les primaires du 4 mars vont permettre à Clinton de rescussiter ou de poursuivre sa descente aux enfers.

Obama devient de plus en plus "présidentiable". Et après les larmes, Clinton ne s'attirera pas les bonnes grâces du public par la colèrecette fois. Même avec le gouverneur de l'Ohio, Ted Strickland en-arrière d'elle, Clinton recule de jour en jour. Pas étonnant qu'elle perde patience.

Pendant ce temps...

Pendant ce temps, chez les républicains, McCain continue sur sa lancée n'ayant plus aucun opposant. Il a par ailleurs fait une charmante déclaration à propos du départ de Castro: "I hope he has the opportunity to meet Karl Marx very soon." Avouez qu'il faut le faire. Mais il peut bien dire ce qu'il veut, c'est déjà gagné pour lui.

jeudi 21 février 2008

Le rapport Castonguay, un remède de cheval... pour l'ADQ

Les députés adéquistes ont la mine basse ces temps-ci. Pas étonnant, avec les sondages négatifs à leur égard qui se succèdent, il n'y a pas de quoi fêter. Il n'y a plus d'action d'éclat à accomplir ou de gros dossiers à encourager, les adéquistes deviennent de moins en moins visibles, alors que le PQ parle toujours de citoyenneté, un sujet qui ne tarit jamais. Il est à noter, que la sphère politique québécoise est bien calme ces temps-ci avec les risques d'élections fédérales toujours bien vivantes. Toutefois, les adéquistes viennent de voir leur sauveur à l'horizon en la personne de l'ex-ministre de la santé, Claude Castonguay qui vient de déposer un rapport aux solutions fortement à droite. Et bien les adéquistes déprimés n'ont pas loupé leur chance et ont tout de suite encensé ce rapport qui représente pour eux la porte du salut et la fin de leur invisibilité médiatique.

Spin médiatique?

Dès la sortie du rapport, les libéraux ont crucifié Castonguay. Le Ministre Couillard a carrément rejeté le rapport, les solutions étant bien trop radicales pour le Québec qui ne pourrait passer d'un système de santé presqu'entièrement public à un système mixste avec ticket modérateur et une franchise prélevée à même le portefeuille des Québécois. Sans oublier bien sûr la hausse de la TVQ pour financer le système. Un rapport plus adéquiste que libéral et on a eu nettement l'impression que trois heures après sa naissance, le rapport Castonguay allait être jeté sur une tablette au milieu de la poussière. Spin médiatique ou impression juste? Nous verrons plus tard, mais une chose est sûre: le père de la Castonguette accuse un sérieux virage à droite que même Monique Jérôme-Forget juge innaceptable. Elle a proposé les mêmes réserves que le ministre de la santé. (On parle de M. Phillipe Couillard bien sûr) Le gouvernement n'a aucune intention d'hausser les taxes des Québécois pour financer le remède chevalin de m. Castonguay. Il est vrai qu'il serait assez risible d'avaler une hausse de taxes après une réduction d'impôts... Tout de même, on peut s'attendre à de violents échanges entre adéquistes et libéraux sur la question, mais sur le fond, les deux partis sont en danger. Si les libéraux ne donnent pas de suite au rapport, ce sera une commission au budget élevé qui se sera révélée complètement inutile et ça ne pardonne pas auprès de la population. Maintenant, Mario Dumont, le défenseur de la classe moyenne comme il se proclame, doit être prudent. Les Québécois ne veulent pas de dépenses supplémentaires et celui qui proposait de laisser l'argent aux Québécois pour qu'ils décident comment l'investir se tirerait bien dans le pied s'il acceptait la franchise proposée par Castonguay qui représente tout de même une autre aiguille dans le dos des contribuables.

Fait à noter, les péquistes demeurent quasi-muet. Abstraction faite de Bernard Drainville qui s'est retenu pour ne pas mettre le feu à une copie du rapport...

Attendez-vous à un duel médiatique ADQ-PLQ. Mario Dumont ne laissera pas passer sa chance de remonter dans les sondages, il doit combler le creu créé par les commissions scolaires.

dimanche 17 février 2008

Les "belles-mères", un beau conte

La tradition de mémérage à l'égard du chef n'est pas nouvelle au PQ. René Lévesque vous en passerait un papier... ainsi que Pierre-Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair et maintenant Pauline Marois. Mais d'où provient cette charmante tradition que les péquistes ont de taper sur la tête de leurs chefs à grands coups de barres de fer? On sait tous que le parti libéral possède une équipe relativement stable: fédéraliste, normalement centre-droit avec quelques éléments plus progressistes comme Pierre Paradis et Thomas Mulcair. (Que le dieu néo-démocrate ait son âme) La contestation au PLQ est donc assez rare. Quant à l'ADQ, la question ne se pose même pas. Hormis le débat sur l'immigration, qui irait contester l'autorité suprême du Duce Dumont. ( Note aux adéquistes, c'est une blague) La base de l'ADQ est un peu plus variée: Du centre jusqu'à la droite avec des souverainistes, des autonomistes et des fédéralistes. (Qui lèvent la main à l'Assemblée Nationale pour le confirmer) Mais le PQ? Pourquoi est-ce LE parti dans lequel la contestation mène le jeu?

Le PQ est une formation très hétérogène avec ses éléments gauchistes et droitistes à souhait. Déjà ça, c'est un signe que ça doit contester les vendredis soirs. Mais en plus, le parti se déchire entre souverainistes selon la manière d'accomplir l'indépendance! Les radicaux à la Saint-André jusqu'aux souverainistes mous à la Daniel Turp. Alors les belles-mères là-dedans, ça ne doit pas que se conter des potins durant leurs temps libres...

René Lévesque fut le premier à subir les commérages de son propres parti. Son leadership était contesté par ses matamores de députés qui siégaient à l'Assemblée pendant qu'il peinait à faire régner l'ordre dans l'éxécutif de son parti où les divers clans s'opposaient. Les Charron et Burns se voyant déjà chefs de parti contestaient l'autorité de Lévesque en affirmant que ce n'était pas le Parti Québécois le problème, mais bien le chef. Les belles-mères sont nées! Quelle claque dans la face quand Lévesque et le PQ ont remporté les élections de 76, sauvant ainsi la tête du chef! La contestation est étouffée... du moins pour le moment. L'étapisme (ou l'étapette, c'est comme vous voulez) ne fait pas l'unanimité et les éléments radicaux avec Bourgault et les rinistes "born again" claquent la porte. Ils continuent à dénoncer la démarche du chef, les belles-mères frappent encore! Après, on a droit au concert de la seconde vague radicale avec l'épisode du beau risque. Parizeau, Laurin, Paquette et compagnie quittent le parti, mais ils vont continuer à critiquer le chef! Lévesque est écoeuré, il vient de fonder un parti dont la principale menace n'est pas ses adversaires, mais bien ses membres.

Pierre-Marc Johnson arrive, les belles-mères dirigées par Parizeau s'agitent en dénonçant son souverainisme mou! Il ne durera pas longtemps avec un parti si divisé et c'est la belle-mère en chef, Jacques Parizeau, le radical qui occupe la place.

Parizeau le radical va maintenant subir les critiques des belles-mères modérées! Son processus de référendum à tout prix ne plaît pas à tout le monde et son vice-premier-ministre, un certain Bernard Landry va comparer sa démarche à la célèbre "charge de la brigade légère". Lucien Bouchard va ouvertement contester l'autorité morale du chef du PQ qui démissionera après l'épisode de l'argent et du vote ethnique dénoncé par la belle-mère Landry. Il n'a qu'à s'en prendre à lui-même pour avoir dit la vérité dans un dossier où ça ne pardonne pas, mais les belles-mères ont dû le secouer comme les autres.

Lucien Bouchard va un peu limiter le problème des belles-mères qui ne chercheront pas à contester le leadership solide et le charisme du chef. Par contre, les conditions gagnantes critiquées par les belles-mères en plus de l'épisode Michaud aura la peau de Lucien Bouchard qui partira, dégoûté.

Landry perdra ses élections de 2003 à cause d'une belle-mère qu'il avait lui-même "belle-mêré" à l'époque. Jacques Parizeau réaffirme que le vote ethnique a bel et bien tué le référendum de 95. Une déclaration que Charest ne manquera pas de sortir de son chapeau durant le débat. Le pauvre Landy était visiblement bouche-bée que Parizeau lui nuise à ce point, mais après tout, il l'avait bien mérité entre nous.

Boisclair, le chef contesté de toutes parts. Par l'aile droite, l'aile gauche, les radicaux et les mous! Critiqué par Landry, par les ex-ministres comme Lazure et par la plaie que représente le SPQ-libre, rien de bien encourageant comme mandat de chef. On ne compte plus le nombre de critiques à son sujet. Jugé trop à droite par l'aile gauche, trop radical par l'aile molle et trop mou par l'aile radicale. Comment s'en sortir devant des belles-mères aussi unies dans la contestation? On ne s'en sort pas...

Et Pauline Marois vient d'être couronnée chef et les belles-mères frappe déjà... et dur! Des poids lourds, Landry, Facal et Lisée, dirigent un message d'anti-réformisme scolaire contre l'instigatrice du projet: madame Marois elle-même. N'étant pas particulièrement pro-réforme, je dois dire que je penche plutôt du côté des belles-mères, mais franchement! Aller faire une sortie publique comme ils l'ont fait, c'est carrément irresponsable et nuisible. Ils cherchaient quoi comme résultat? La désunion? Et bien, ils l'ont! Marois croit avoir éteint la contestation dans l'oeuf, elle se trompe. Ce n'est pas son petit message de guerre contre les belles-mères que tout va s'arranger.

Les coups de couteau pleuvent au PQ, tous les chefs vous le diront. Le moindre commentaire malheureux vous vaudra un enterrement de première. Cette vague d'enterrement des chefs au PQ, n'est pas prête de cesser...

Les belles-mères grouillent dans leurs salons démodés en sirrotant une tasse de thé en attendant le prochain potin...